Jeudi 3 décembre, 18h00, Centre Intermondes, 11 bis rue des Augustins, La Rochelle. Entrée libre. Renseignements : 05 46 34 11 63.
Table de librairie : Callimages, 32 rue Chaudrier, La Rochelle
Amruta PATIL est née en Inde et vit à New Delhi. Originaire de l’Etat de Goa, elle a grandi dans un village où il n’y avait ni librairie, ni bibliothèque. Elle a lu sa première BD à 19 ans.
Diplômée de la School of Museum of Fine Art à Boston, passionnée d’histoire ancienne, elle travaille actuellement à un roman graphique mythico-historique de 1000 pages basé sur le Mahabharata, Parva, et qui relate l’histoire de l’Inde sur cinq mille ans.
Kari, premier tome d’une trilogie, est son premier roman graphique : elle s’impose comme la nouvelle voix – et la première voix féminine indienne – du genre en Inde.
Amruta PATIL est accueillie en résidence à la Maison des Auteurs d’Angoulême, depuis janvier 2008.
Kari , éd. Au Diable Vauvert, novembre 2008
L’histoire s’ouvre sur un double suicide : Kari et Ruth, jadis inséparables, se jettent d’un toit. Cette métaphore de leur rupture amoureuse, fil conducteur du récit, se prolonge à travers le livre : tandis que Ruth est sauvée par un filet en bas de l’immeuble et s’enfuit, Kari tombe dans un égout et tente, tant bien que mal, de refaire surface. Ruth est partie. Kari, elle, reste enfermée dans cette grande ville enfumée et mystérieuse : Smog City, alias Bombay.
En courts chapitres, elle nous raconte sa vie, son quotidien, celui d’une jeune fille rebelle qui assume pleinement son homosexualité dans une société partagée entre tradition et modernité. Un univers poétique, sombre et attachant pour dire les choses de la vie commune : son emploi dans la pub, son appartement en collocation, sa chef de bureau atteinte d’un cancer, les chats errants du quartier… Usant de mélanges d’influences, de genres, de matériaux, Amruta Patil explore avec un talent immense et une intensité puissante la palette de ses états d’âme. Les traits rugueux au fusain confèrent à l’ensemble un côté brut, une existence croquée, en cours de formation, comme Kari elle-même qui se cherche, tâtonne et dissèque le cœur de la mégalopole triste. Dans son errance, elle parcourt les chemins de la solitude, de la mort, de l’absence de l’Autre. Au détour d’une page apparaît parfois une pointe de couleur : comme l’humour brutal de la narratrice, ces oasis colorées apportent un souffle de vie, une touche d’espoir dans l’univers claustrophobe d’une cité qui aliène et oublie.
Teintée de mythologie, d’espoir, de colère et de poésie, Kari est un voyage, une quête pour trouver un remède à la douleur de l’Amour.
A visiter : Le blog d’Amruta PATIL
Date de publication : mercredi 21 octobre 2009